Il n’y a pas de vérité en nutrition

Et c’est plutôt une bonne nouvelle !
Il n’y a pas de vérité en nutrition

Très régulièrement, quelqu’un me partage un article qui évoque une étude en disant « j’ai trouvé ça, ça confirme ce que tu dis ! ». Ou, à l’inverse, quelqu’un me parle d’une émission de télé en me demandant ce que je pense d’une étude évoquée par le journaliste qui contredit les recommandations de mon programme…

À chaque fois, je réponds la même chose : il n’y a pas de vérité en nutrition. Pas de vérité absolue, définitive, gravée dans le marbre.

Il y a des hypothèses, des observations, des tendances.

Et c’est normal : la science nutritionnelle est une science jeune, qui évolue à une vitesse folle. Ce qu’on tenait pour acquis il y a dix ans est parfois remis en question aujourd’hui. Ce qu’on considère comme marginal maintenant sera peut-être le consensus de demain.

Et surtout, surtout, le résultat d’une seule étude ne signifie pas grand chose…

Parce que les études sont conçues pour répondre à une question précise. La taille de l’échantillon, la durée de l’observation, les critères d’inclusion, la manière dont on formule les questions, les variables qu’on choisit de mesurer ou d’ignorer… Tout ça se décide avant que l’étude commence, et va forcément influencer le résultat.

Dans ce contexte, une étude ne devrait jamais être brandie comme une preuve irréfutable. Non pas parce que la recherche ne vaut rien, au contraire, j’ai un immense respect pour la démarche scientifique. Mais parce qu’une étude isolée ne prouve rien. Elle contribue à un faisceau d’indices, c’est tout.

Et encore, ça, c’est dans le meilleur des cas, quand l’étude n’est pas biaisée. Parce qu’il y a un problème dont on parle rarement : qui paie les chercheurs, qui finance l’université ou le labo, qui rémunère les journalistes ?

En 2016, des chercheurs ont analysé 60 études sur le lien entre boissons sucrées et obésité. 26 concluaient qu’il n’y avait aucun lien. 34 concluaient que le sucre contribue largement à l’obésité.

Quand ils ont regardé les financements, le mystère s’est dissipé.
Parmi les études qui dédouanaient le sucre, 96 % avaient été financées par l’industrie sucrière. Parmi celles qui pointaient le lien sucre-obésité ? Seulement 3 % recevaient de l’argent de cette même industrie.

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Ce n’est pas un biais. C’est un système.

L’industrie finance la recherche pour obtenir des arguments qui vont dans son sens. L’université publie pour gagner en prestige… et obtenir plus de financements. Le service comm de la marque envoie les résultats à son agence de relations publiques, qui contacte les journalistes, qui travaillent pour des médias financés par la publicité… payée par cette même industrie. Des articles sensationnalistes et simplistes sont publiés.

Et le grand public prend ça pour de la science objective.

Tu te souviens de l’article où je te parlais d’Ancel Keys et du Sugar Research Foundation qui avait payé Harvard pour accuser le gras et protéger le sucre ? C’était dans les années 60. Soixante ans plus tard, le schéma n’a pas changé d’un iota.

Alors avec d’un côté une science jeune, mouvante, où les résultats dépendent largement de la méthode, et de l’autre une industrie qui investit des milliards pour orienter ces résultats dans le sens qui l’arrange… tu admettras qu’il est compliqué de faire aveuglément confiance à « la science ».

Personnellement, n’étant pas scientifique moi-même, j’ai plutôt tendance à faire confiance à des experts.

Des scientifiques dont le métier est de comprendre la valeur des différentes études, de les comparer, de les décortiquer, et de trouver des indices concordants qui permettent d’élaborer des hypothèses crédibles.

Des médecins qui pratiquent chaque jour avec leurs patients, appliquent des hypothèses, mesurent les résultats et éprouvent des protocoles.

Pas des scientifiques en laboratoire qui bossent sur des souris ou des échantillons dans des éprouvettes 😋

Et au final, ce qui compte plus que n’importe quelle étude que j’ai pu lire, c’est les expérimentations que j’ai faites et les résultats que j’ai obtenus.

Parce que mon corps ne ment pas, et le tien non plus. Il n’a pas de conflit d’intérêts. Il n’a pas d’actionnaires à satisfaire ni de publication à défendre. Il t’envoie des signaux clairs sur l’impact de ton alimentation.

Les fringales qui disparaissent ou qui persistent. L’énergie qui se stabilise ou qui s’effondre. Le sommeil qui s’améliore ou qui se dégrade. Les kilos qui bougent ou qui stagnent. L’inflammation qui recule ou qui s’installe.

Ces signaux-là valent toutes les méta-analyses du monde.

Je le répète : il n’y a pas de vérité en nutrition, et nous sommes tous différents.

Il existe un faisceau d’indices solides, issus de la recherche indépendante, de l’observation clinique et de milliers de retours terrain, qui convergent dans la même direction, celle que je défends depuis le début : moins de sucre, moins de glucides raffinés, plus de vrais aliments.

Mais ce qui compte vraiment, c’est ce que ton corps te raconte. Et pour savoir ce qui lui convient, il n’y pas 36 solutions : il faut expérimenter. Pas se noyer dans les articles contradictoires et les théories opposées qui fleurissent dans les journaux et sur les réseaux.

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