Je ne suis pas la police de ton assiette đź‘®

Tu n’as pas besoin qu’on t’interdise quoi que ce soit. Tu as besoin de comprendre ce que tu choisis.
Je ne suis pas la police de ton assiette đź‘®

Cette nuit, j’ai reçu un message d’une toute nouvelle cliente.

Un long email, plein d’enthousiasme, de questions, d’envie de bien faire. Et au milieu, glissée entre deux phrases, cette petite bombe :

« J’espère que tu ne vas pas me l’interdire… »

Je ne me souviens même plus de l’aliment dont elle parlait. Mais la formule, elle, m’a sauté aux yeux.

Interdire.

Ce mot-là, il dit tout. Il dit des années de régimes où quelqu’un d’autre décidait ce qui avait le droit d’entrer dans ton assiette. Il dit la peur d’être jugée. Il dit cette posture de petite fille prise en faute, qui attend qu’on lui tape sur les doigts.

Et ça, c’est exactement ce que je refuse d’être.

Je ne suis pas là pour dresser la liste de ce que tu as le droit de manger. Je ne suis pas un flic alimentaire. Je n’ai ni sifflet, ni carton rouge, ni balance de la justice pour peser tes écarts.

Parce que la logique « interdit / autorisé » est le piège le plus toxique de l’industrie des régimes.

Quand on te dit qu’un aliment est interdit, ton cerveau fait exactement ce que tu ferais si on te disait « ne pense surtout pas à un éléphant rose ».

Tu ne penses plus qu’à ça.

L’interdit crée l’obsession. L’obsession crée la frustration. La frustration crée le craquage. Et le craquage crée la culpabilité qui te ramène droit dans les bras du prochain régime.

C’est un cercle. Et il ne s’arrête jamais tant qu’on reste dans cette grille de lecture binaire.

Est-ce que ça veut dire que tout se vaut ? Que tu peux manger n’importe quoi et que ça ira ?

Non. Bien entendu.

Bien sûr, le sucre raffiné sabote ta glycémie. Evidemment, les huiles inflammatoires entretiennent un terrain qui freine ta perte de poids. Et oui, les glucides en excès nourrissent l’insulinorésistance et sont donc à limiter dans un contexte de perte de poids…

Ce sont des faits physiologiques, pas des opinions.

Mais la façon dont tu intègres ces informations change tout.

Dire « le sucre est interdit » te place en soumission. Dire « le sucre ne contribue pas à mes objectifs de relance métabolique » te place en responsabilité. La nuance est énorme. Dans le premier cas, tu subis. Dans le second, tu choisis.

Dans mes différents accompagnements, j’insiste beaucoup sur cette notion d’aliments contributifs et d’aliments saboteurs. Parce que la réalité, c’est qu’il n’y a pas deux catégories — le bien et le mal, le permis et l’interdit.

Il y a un spectre. Un dégradé. Des aliments qui contribuent fortement à l’atteinte de tes objectifs, d’autres qui contribuent moyennement, d’autres qui ne contribuent pas du tout, et d’autres encore qui sabotent activement ton métabolisme.

Ton boulot, ce n’est pas de mémoriser une liste. C’est d’apprendre à placer chaque aliment sur ce dégradé, en fonction de TON métabolisme, de TES objectifs, de TA situation.

Et mon boulot à moi, c’est de t’y aider. De te permettre de comprendre pourquoi et comment. Pas de décider à ta place, mais pour que TU fasses des choix éclairés et conscients.

Quand une cliente me demande si tel ou tel aliment est « interdit », ce que j’entends, c’est qu’elle a passé des années à déléguer la responsabilité de son assiette à quelqu’un d’autre. Un nutritionniste, une app, un programme, un magazine.

Et le jour où cette autorité extérieure disparaît — parce que le régime est fini, parce que l’abonnement expire, parce que la motivation retombe — elle se retrouve démunie. Parce qu’elle n’a jamais appris à choisir par elle-même. Elle a juste appris à obéir.

Je ne suis pas ta mère. Je ne veux pas que tu m’obéisses.

Je veux que tu comprennes pourquoi certains aliments relancent ton métabolisme et pourquoi d’autres le freinent. Je veux que tu saches lire les signaux de ton corps — ta faim, ta satiété, ton énergie, ton sommeil — pour ajuster toi-même tes choix. Je veux que le jour où tu décides de manger un bout de pain, ce soit un choix conscient, éclairé, assumé. Pas un craquage. Pas une transgression. Un choix.

Parce qu’au final, la seule personne qui décide ce que tu mets dans ta bouche, c’est toi.

Ce changement de posture, il peut sembler subtil. Mais il est radical.

Passer de « qu’est-ce que j’ai le droit de manger ? » à « qu’est-ce qui va contribuer le mieux à mes objectifs aujourd’hui ? » — c’est passer de la soumission à l’autonomie. Du régime subi à la stratégie choisie.

Et c’est cette autonomie-là qui rend les résultats durables. Parce que personne ne peut t’enlever une compétence que tu as développée toi-même.

Ă€ demain,
Sophie đź’ś

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