Vous avez commencé ensemble. Il a déjà perdu trois kilos.

Toi, huit cents grammes. Personne ne te fait de remarque : tu t'en charges très bien toute seule.
Vous avez commencé ensemble. Il a déjà perdu trois kilos.

Vous avez décidé de vous y mettre ensemble. C'était même plutôt une bonne idée, à deux c'est plus simple.

Trois semaines plus tard, il a perdu trois kilos. Toi, la balance a bougé de huit cents grammes.

Lui a supprimé sa bière du soir et le pain du dîner. Rien d'autre. Il continue son sandwich du midi et ses gâteaux au bureau, il n'a pas ouvert un seul livre sur le sujet.

Toi, tu as revu tes petits-déjeuners, sorti les produits allégés de tes placards, recommencé à cuisiner le soir, lu les étiquettes, noté tes repas pendant deux semaines.

Et toi, tu conclus que pour toi, ça ne marche pas.

Alors tu réduis encore. Des portions déjà petites, un dîner déjà léger. S'il reste une variable quelque part, elle ne peut être que là.

Vous n'avez pas fait la même chose, vous n'êtes pas partis du même endroit, et le seul chiffre que tu retiens, c'est celui d'arrivée.

Cette conclusion, tu ne l'as pas inventée. On te l'a apprise.

Pendant des décennies, la recherche en nutrition et en physiologie de l'effort a très majoritairement porté sur des sujets masculins. Plus simples à étudier, disaient les protocoles, notamment parce qu'un cycle hormonal complique les mesures. Les recommandations, les repères, les protocoles de perte de poids, les conseils sportifs qu'on te sert aujourd'hui ont largement été calibrés sur ces corps-là.

On a ensuite demandé aux femmes de s'y conformer. Et quand ça ne fonctionne pas pareil, on ne conclut pas que le repère est inadapté. On conclut que la femme suit mal.

C'est cette phrase-là que tu t'appliques toute seule, trois semaines après avoir commencé, sans que personne ait eu besoin de te la dire.

Les femmes ne sont pas des petits hommes. Je le répète depuis des années.

Ton corps a une autre composition, un autre contexte hormonal, une autre histoire. Il ne fonctionne pas moins bien, il fonctionne autrement. Une méthode qui fait perdre trois kilos à ton mari en trois semaines ne te dit strictement rien sur ce qui va marcher pour toi.

Ça va marcher. Simplement, pas en trois semaines, pas avec les mêmes leviers, et pas parce que tu auras retiré la bière du soir.

La prochaine fois qu'il annoncera fièrement ses kilos perdus au dîner, tu peux le féliciter sincèrement.

Et te souvenir qu'il ne joue pas dans la même catégorie que toi.

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