Ce que ton corps fait quand tu veux maigrir trop vite

Et pourquoi ça ne peut pas marcher.
Ce que ton corps fait quand tu veux maigrir trop vite

Quel que soit le nom du dernier régime à la mode dans lequel tu te lances en désespoir de cause au printemps, le principe est toujours le même : couper brutalement les apports du jour au lendemain pour tenir la deadline. La balance descend, parfois vite, et on a l’impression que ça marche. Sauf que ce chiffre qui baisse dans les premiers jours, ce n'est presque jamais de la graisse.

C’est souvent de l'eau. Ton corps stocke ses réserves de sucre rapide, le glycogène, dans les muscles et le foie, et chaque gramme de glycogène retient de l'eau avec lui. Dès que tu restreins fort, tu vides ces réserves, et l'eau s'en va avec. Deux, trois kilos peuvent disparaître en une semaine comme ça, sans qu'un seul gramme de gras ne soit vraiment concerné. C'est spectaculaire sur la balance, et parfaitement trompeur.

Ensuite, si la restriction calorique dure et qu'elle est sévère, ton corps va aussi puiser dans le muscle. Or le muscle, c'est précisément ce qui fait tourner ton métabolisme. En perdre, c'est ralentir le moteur qui brûle. Tu fabriques toi-même, sans le vouloir, le terrain de la reprise.

Et il y a plus subtil encore. Face à une privation brutale, ton corps ne se dit pas « super, on maigrit ». Il se dit « danger, on manque ». Alors il fait ce qu'il a appris à faire depuis des centaines de milliers d'années : il économise. Il baisse la dépense au repos, tu deviens frileuse faute de chauffage interne suffisant, plus fatiguée faute d’énergie, tu bouges un peu moins sans t’en rendre compte. En plus, c’est les vacances, tu te dis que c’est normal, que c’est la fatigue accumulée toute l’année et tu en profites pour te reposer. Pendant ce temps, la faim, elle, augmente.

Ce n’est pas « normal ». C'est ce qu'on appelle l'adaptation métabolique, et ce n'est pas une punition, c'est de la survie quand tu coupes les apports de manière trop drastique. Ton corps te protège.

Voilà pourquoi « vite » ne tient jamais. Tu perds de l'eau et du muscle, tu ralentis ton métabolisme, et tu réveilles une faim que ta volonté ne pourra pas contenir bien longtemps. Tu finis par craquer sur la gaufre de fin d’après-midi, et tout lâcher pour le reste des vacances parce que « foutu pour foutu, hein… ».

La perte de graisse réelle est plus lente et plus discrète sur la balance. Elle se joue quand tu réduis les glucides sans t'affamer, quand tu gardes assez de protéines pour préserver ton muscle, quand tu laisses à ton corps le temps de comprendre qu'il n'y a pas de danger.

Moins spectaculaire, moins rapide, moins visible. Mais c'est la seule qui reste.

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