Ce week-end, tu ne fais pas plus. Tu défais.

Trois gestes pour désinstaller ce que vingt ans de bonnes consignes ont mis en place. Aucun ne demande de compter quoi que ce soit.
Ce week-end, tu ne fais pas plus. Tu défais.

Ton corps ne va puiser dans ses réserves que lorsque son insuline redescend et reste basse un moment. Deux choses l'en empêchent au quotidien : des prises alimentaires trop rapprochées, et des repas qui ne fournissent pas les matériaux dont il a besoin. Retirer les premières, fournir les seconds. Voilà le travail, et il allège la charge mentale au lieu de l'alourdir.

Premier geste : nourrir vraiment, en commençant par le matin.

Prends le petit-déjeuner qu'on recommande partout. Flocons d'avoine, lait, une banane, un verre de jus. Une belle quantité de glucides, presque aucune protéine, pas de gras. Ton corps encaisse une montée franche, l'insuline monte pour ranger, et deux heures plus tard tu as faim. La fringale de dix heures trente ne vient pas de ta gourmandise, elle vient du petit-déjeuner.

Remplace-le. Des œufs, du fromage, du jambon de qualité, un avocat, des restes de la veille si ça te convient. Du gras assumé, du beurre par exemple, sans culpabilité. Puis observe ta matinée. Beaucoup de femmes traversent leur première matinée sans penser à manger depuis des années, et le vivent comme une révélation. C'est de la physiologie, pas de la discipline.

Deuxième geste : de vrais repas, et rien entre.

Tant que tu manges quelque chose toutes les deux heures, même une pomme, même trois amandes, ton insuline n'a aucun moment de repos et la porte du déstockage reste fermée. Espacer ne relève pas de la privation, ça laisse à ton corps la place de faire l'autre moitié de son travail.

Sur ce point, la recommandation officielle dit vrai : éviter de grignoter entre les repas est un bon conseil. Le problème tient à l'ordre des choses. On te demande de ne pas grignoter tout en te prescrivant un petit-déjeuner qui rend le grignotage inévitable. Une consigne juste posée sur une assiette qui la rend intenable ne sert à rien, sinon à te donner tort. C'est pour ça que le geste numéro un vient avant celui-ci : une fois le matin réglé, l'espacement se fait tout seul.

Une règle simple pour ne pas te tromper : si tu as faim deux heures après un repas, ne t'en veux pas et ne serre pas les dents. Le repas précédent n'était pas assez nourrissant. Tu remontes au geste numéro un et tu ajoutes des protéines et du gras au repas suivant. La faim est une information, pas un adversaire.

Troisième geste : alléger la charge en glucides, en commençant par les faux amis.

Les faux amis, ce sont précisément les aliments recommandés. Le jus de fruit, même pressé maison, qui envoie le sucre du fruit sans sa chair. Les fruits en excès dans la journée. Les féculents à tous les repas, complets compris, parce que complet ne veut pas dire sans effet sur ta glycémie. Les produits allégés, dont on a retiré le gras et souvent rajouté du sucre pour que ça reste mangeable.

Tu n'as pas besoin de tout supprimer d'un coup. Commence par le jus du matin et par un seul féculent retiré dans la journée, et regarde ce que ça donne sur ton énergie de l'après-midi.

Tu remarques ce qu'aucun de ces trois gestes ne demande ? Compter, peser, mesurer, calculer un déficit. Aucun ne te demande non plus de manger moins. Deux d'entre eux te demandent même de manger davantage de ce qui nourrit, et c'est déroutant quand on a passé trente ans à viser le moins.

La question change de nature. On arrête de se demander combien on a mangé, on regarde ce qu'on a dit à son corps.

Pour ce week-end, prends deux jours. Le petit-déjeuner protéiné samedi et dimanche, trois vrais repas, rien entre, et le jus du matin mis de côté. Deux jours ne feront rien bouger sur la balance et ce n'est pas le but. Observe ta faim, ton énergie de seize heures, et ce que tu as envie de manger le soir.

Ton corps va te répondre bien avant la balance.

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