"Faut bien mourir de quelque chose."

Non. Tu ne meurs pas 'de quelque chose'. Tu vis malade pendant 20 ans. Et tout le monde autour de toi le subit.
Femme marchant seule sur un sentier de montagne au soleil levant, symbole de vieillesse active et autonome

Tu l'as déjà entendue, cette phrase. Peut-être que tu l'as déjà dite toi-même. En trinquant. En reprenant du dessert. En haussant les épaules devant quelqu'un qui te parlait de santé.

"Faut bien mourir de quelque chose."

Ça sonne libre. Ça sonne détendu. Ça sonne "moi je profite de la vie, je ne me prends pas la tête".

Sauf que cette phrase raconte une histoire qui n'existe pas. Elle raconte l'histoire d'une personne qui vit bien, qui profite, et qui un jour, paf, meurt. Proprement. Rapidement. "De quelque chose."

Ce n'est pas comme ça que ça se passe.

Ce qui se passe vraiment

À 45 ans, tu commences à être fatiguée sans raison. Tu dors mal. Tu as des douleurs articulaires que tu mets sur le compte de l'âge. Ton médecin te dit que tes analyses sont "limites mais pas alarmantes". Tu continues.

À 52 ans, on te diagnostique un pré-diabète. On te met sous surveillance. Tu commences les prises de sang tous les 3 mois. Tu ajoutes un traitement, avec ses effets indésirables.

À 58 ans, c'est un diabète de type 2 installé. Une statine pour le cholestérol. Un antihypertenseur. Des effets indésirables qui s'aggravent. Des rendez-vous médicaux toutes les 3 semaines. Ton foie commence à montrer des signes de stéatose. On te parle d'arthrose qui s'installe. De goutte. D'acide urique.

À 63 ans, premier accident cardiovasculaire. Un stent. Une rééducation. Une frayeur. Tes enfants commencent à s'organiser pour t'accompagner aux rendez-vous.

À 68 ans, les premiers signes de déclin cognitif. Des oublis. Des confusions. Tu ne conduis plus. Tu ne gères plus tes papiers. Tes proches prennent le relais, d'abord un peu, puis beaucoup, puis tout le temps.

Tu n'es pas morte "de quelque chose". Tu es vivante. Et tu vis comme ça depuis 20 ans. Et ta famille vit comme ça avec toi depuis 20 ans, et ça ne va pas aller en s'arrangeant.

Ce ne sont pas des maladies "de vieux"

Diabète de type 2. Maladies cardiovasculaires. Stéatose hépatique. Goutte. Arthrose inflammatoire. Alzheimer. Démence. Insuffisance rénale.

On a l'impression que ce sont des maladies liées à l'âge, comme si le simple fait de vieillir les rendait inévitables. Comme si c'était le prix à payer pour avoir vécu longtemps.

C'est faux.

Ce sont des maladies de civilisation. Des maladies liées au mode de vie. À l'alimentation. À l'alcool. Au tabac. À la sédentarité. Et surtout, surtout : à des décennies de résistance à l'insuline et d'inflammation chronique de bas grade que personne ne voit, que personne ne mesure, et que personne ne prend au sérieux tant qu'il n'y a pas un diagnostic qui tombe.

Le plus pervers dans tout ça ? Beaucoup de femmes qui développent ces maladies pensaient "bien manger". Équilibré. Varié. Raisonnable. Avec des féculents à chaque repas, du pain complet, des fruits à profusion "parce que c'est naturel", du muesli nature le matin dans un yaourt végétal, un gâteau maison le dimanche...

Sauf que "bien manger" selon les standards actuels, ça peut maintenir ton insuline élevée du matin au soir et nourrir une inflammation silencieuse, jour après jour, année après année. Et préparer le terrain pour chacune des maladies que je viens de lister.

La vraie question

La question n'est pas de quoi tu vas mourir.

La question, c'est : comment tu vas vivre tes 20 dernières années.

Est-ce que tu seras la femme qui randonne avec ses petits-enfants, qui voyage, qui est autonome, lucide, libre de ses mouvements et de ses choix ?

Ou est-ce que tu seras celle dont les enfants organisent les rendez-vous médicaux, gèrent les traitements, adaptent leur vie à ta dépendance ?

Est-ce que ça veut dire que bien manger te met à l'abri de tout ? Non. Il y a des femmes qui font tout "bien" et qui tombent malades. Et d'autres qui mangent n'importe quoi pendant 40 ans sans que rien ne se passe. La vie n'est pas juste, et la biologie non plus.

Mais ce que ton corps t'envoie comme signaux, aujourd'hui, est révélateur. La prise de poids inexpliquée. La fatigue qui ne passe plus. Le sommeil qui se dégrade. Les douleurs articulaires qui s'installent. Le brouillard mental. Ce ne sont pas des "signes de l'âge". Ce sont des signaux d'alerte. Les premiers étages de la fusée que je t'ai décrite plus haut : résistance à l'insuline, inflammation chronique, et tout ce qui en découle.

Ces signaux-là te disent quelque chose de très clair : il faut agir. Maintenant. Pas dans 5 ans. Pas quand le diagnostic tombe. Maintenant.

Tu n'échapperas peut-être pas à tout. Personne ne peut te le promettre. Mais tu peux faire tout ce qui est en ton pouvoir pour repousser ces maladies le plus loin possible, le plus longtemps possible. Et ça, c'est un choix que tu fais chaque jour, avec ce que tu mets dans ton assiette.

Cette semaine, on va en parler. Sans filtre. Sans ménagement. Parce que si tu lis encore ces lignes, c'est que tu n'es pas du genre à te raconter des histoires.

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