Faut qu'j'te parle de ma Mémé

Ma boussole dans le chaos alimentaire 🧭
Faut qu'j'te parle de ma Mémé

Je parle souvent de mon arrière-grand-mère à mes client·e·s.

C'était une vieille femme, petite, sèche, souvent acariâtre, qui avait connu une enfance paysanne pauvre, été placée comme bonne à 9 ans, connu deux guerres, perdu un fils, survécu à son mari et à son gendre. Elle vivait avec ma grand-mère, qui s'occupait de moi à l'époque.

J'ai donc eu la chance de la côtoyer quotidiennement jusqu'à sa mort, un peu avant mes 15 ans. Je n'ai pas de souvenirs 'tendres' avec elle, mais je me souviens de sa cuisine, de son bon coup de fourchette, et de la première fois qu'elle a mangé du foie gras, lors d'un Noël, et qu'elle a dit à mon père, tout fier d'avoir acheté un produit de luxe, que c'était "un bon p'tit paté" 🤣

Je pense souvent à elle parce qu'elle est la dernière génération à avoir appris à se nourrir vraiment de saison, vraiment local, sans supermarché, sans autres conserves que celles qu'elle préparait elle-même.

Du coup, je m'en sers un peu comme d'une boussole dans mes choix alimentaires : j'essaie de coller mon alimentation quotidienne aux aliments qu'elle connaissait et consommait régulièrement.

Et c'est là que ça devient intéressant. Parce que si je faisais visiter un supermarché moderne à mon arrière-grand-mère, je pense qu'elle ne reconnaîtrait pas grand-chose dans les rayons.

Pas les emballages. Les emballages, elle s'en fout. Non, je parle des produits eux-mêmes.

Par exemple, elle n'a jamais connu les produits "allégés", les yaourts 0%, margarines, vinaigrettes light, fromages à tartiner réduits en matière grasse...

Mon arrière-grand-mère mangeait du beurre, de la crème, du lard. Et elle n'avait pas besoin de grignoter entre les repas.

Le gras, c'est ce qui cale. C'est ce qui donne du goût. C'est ce qui permet à ton corps de fabriquer des hormones, de réguler ta glycémie, de te sentir rassasiée.

Le retirer, c'est créer un aliment qui ne nourrit plus vraiment, et souvent ajouter du sucre, des épaississants, des émulsifiants, des stabilisants, pour créer un aliment qui remplit, certes... mais qui laisse le corps sur sa faim.

Autre catégorie de 'trucs' qu'elle ne reconnaitrait pas, les protéines healthy sous plastique. Surimi, steaks végétaux industriels, jambon de dinde reconstitué...

Sur l'étiquette, ça promet des protéines. Dans les faits, c'est surtout de l'amidon, de l'eau gélifiée, des protéines texturées et modifiées, des arômes, des colorants.

Ces produits donnent l'illusion de manger une source de protéines. Mais ton corps, lui, sait faire la différence entre une vraie protéine (viande, poisson, œuf) et un assemblage industriel. Et il te le fait savoir : tu as encore faim deux heures après.

Enfin, elle serait bien perdue au rayon "végétal" du supermarché, devant les rayons remplis de laits et crèmes d'amande, de noisettes, d'avoine, de soja, d'une multitudes de galettes soufflées...

Ces produits vendus comme des aliments sains et naturels ont été tellement transformés qu'ils ont perdu leur structure naturelle, la matrice de l'aliment. Sans cette matrice, qui permet de retarder et réguler l'absorption des nutriments, même un aliment sain devient un shoot glycémique direct.

Et en prime, cette hypertransformation fragilise ta barrière intestinale. Résultat : inflammation, ballonnements, fatigue.

Mon arrière-grand-mère ne buvait pas de lait d'amande enrichi en calcium. Elle mettait un peu de lait, entier, frais dans son café du matin, mangeait du bon fromage au lait cru, et des yaourts natures qui n'étaient ni allégés ni enrichis en probiotiques.

Et comme toute son alimentation était saine, dense et riche en nutriments, son corps était correctement nourri et elle n'avait pas besoin de 'snack' toutes les deux heures.

Au final, j'ai retenu cette règle simple : un aliment qui a besoin d'une pub pour te convaincre de sa valeur nutritionnelle n'en a probablement aucune.

Mon arrière-grand-mère ne choisissait pas ses aliments en fonction d'une allégation marketing. Elle les choisissait parce qu'elle les reconnaissait.

De la viande. Des légumes et des fruits de saison. Du fromage. Des œufs. De l'huile des olives du voisin. Du beurre. Des noix occasionnellement.

Rien qui porte une étiquette "riche en protéines", "source de fibres", "pauvre en graisses", "végétal", "sans gluten", "bon pour le coeur", "sans sucre", "riche en fer",...

Juste... de la nourriture. Sans étiquette, vendue brute, cuisinée à la maison.

Et c'est exactement ce dont ton corps a besoin pour fonctionner correctement. Pour réguler ta glycémie. Pour te sentir rassasiée. Pour avoir de l'énergie stable toute la journée.

Pas de barres protéinées pauvre en sucre et riches en protéines de poids. Pas de fibres d'avoines pour épaissir tes sauces. Pas de graines de chia trempée dans un lait végétal inflammatoire.

Juste des aliments que ton arrière-grand-mère aurait reconnu comme de la nourriture.

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