Le jour où j'ai fait bafouiller mon endocrino

Pourquoi les "vérités" en nutrition sont rarement aussi simples qu'on te les présente
Le jour où j'ai fait bafouiller mon endocrino

Il y a plus près de 15 ans, je consulte une endocrino pour un bilan thyroïde, rien de dramatique. On discute, je réponds à ses questions, et à un moment elle me demande ce que je mange.

Je lui explique. Cinq ans que j'ai perdu 40 kg. Cinq ans que je mange très peu de glucides, zéro sucres ajoutés. Une alimentation qui me va, qui me tient, qui m'a permis de retrouver mon énergie et ma santé métabolique.

Elle me regarde comme si je venais de lui annoncer que je buvais de l'eau de Javel au petit-déjeuner.

"Mais... votre cerveau a besoin de 120 grammes de glucose par jour."

Elle me le dit avec ce ton. Tu sais, celui qui sous-entend : "Je vais te sauver de toi-même parce que visiblement tu ne comprends pas comment fonctionne un corps humain."

J'ai respiré un coup. Et je lui ai parlé de néoglucogenèse. Ce mécanisme par lequel ton foie fabrique du glucose à partir de protéines et de glycérol. Ce processus parfaitement normal qui permet au corps de produire le glucose dont il a besoin, sans qu'on ait besoin de le manger directement.

Elle a hésité. Son assurance a vacillé. Elle a fini par lâcher un "oui, enfin..." avant de passer à autre chose.

Je ne raconte pas ça pour dire que j'avais raison et qu'elle avait tort. Je le raconte parce que cette scène illustre quelque chose de plus profond : la simplification à l'extrême des mécanismes nutritionnels.

C'est rassurant, les règles simples. "Le cerveau a besoin de glucose, donc tu dois manger du sucre." "Le cholestérol des œufs se colle dans tes artères." "Les graisses saturées bouchent ton cœur."

Lundi, je te parlais de ce scientifique qui a mangé 24 œufs par jour pendant des semaines sans que son cholestérol sanguin ne bouge d'un millimètre. Si le cholestérol alimentaire se déposait directement dans nos veines comme on nous le répète depuis des décennies, il aurait dû finir aux urgences.

Ces affirmations, ces règles absurdes, c'est souvent de la simplification. Du réductionnisme. Une corrélation transformée en causalité, une théorie érigée en dogme.

Et cette simplification a façonné 70 ans de recommandations nutritionnelles.

Le problème, ce n'est pas que les raccourcis existent. C'est normal d'avoir besoin de repères, de règles. Les médecins eux-mêmes n'ont pas le temps d'expliquer les subtilités de la néoglucogenèse à chaque consultation. Les patients veulent des réponses claires, pas un cours de biochimie.

Le problème, c'est quand ces raccourcis deviennent des vérités indiscutables. Quand remettre en question une affirmation nutritionnelle te fait passer pour une illuminée. Quand l'expérience de ton propre corps compte moins que ce qui est écrit dans un manuel vieux de 40 ans.

On l'a vu hier, la science évolue. Les connaissances se précisent. Ce qu'on croyait vrai hier est nuancé aujourd'hui, et le sera encore plus demain.

Ton cerveau a besoin de glucose, oui. Mais il n'a pas besoin que tu le lui apportes directement sous forme de pâtes ou de pain. Il est capable de le fabriquer. Et dans certains contextes, il peut même fonctionner avec des corps cétoniques.

Le cholestérol alimentaire influence ton cholestérol sanguin... mais de manière beaucoup plus complexe et individuelle qu'on ne te l'a raconté pendant des décennies.

Les graisses saturées ne sont ni tes amies inconditionnelles ni tes ennemies mortelles. La réalité est entre les deux, et elle dépend de ton contexte, de ton métabolisme, de ton mode de vie.

Les féculents apportent de l'énergie. Mais contribuent aussi à accentuer la résistance à l'insuline si ton métabolisme dysfonctionne.

Je ne suis pas en train de te dire que tout ce qu'on t'a appris est faux. Je voudrais juste que tu comprennes que c'est beaucoup plus nuancé que ça.

C'est justement cette nuance que j'essaie d'apporter à mes clientes avec des programmes qui leur permettent de comprendre leur métabolisme, de questionner leurs croyances, et de trouver l'alimentation qui leur convient.

Sans dogme, sans étiquette. Juste une alimentation qui soutient vraiment, basée sur des principes simples et des aliments sains.

Si tu es prête à dépoussiérer tes croyances, comprendre les nuances et passer de théories fumeuses à une application pratique et pragmatique au quotidien, mon programme t'attend ici :
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À demain,
Sophie 💜

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