Le vrai coupable de l'été, c'est pas la glace.

Ce qui pèse à la fin des vacances, c'est tous ces petits riens que tu ne vois même pas passer.
Le vrai coupable de l'été, c'est pas la glace.

Il est 19h, l'apéro est servi. Un bol de gâteaux salés trône au milieu de la table, à portée de main. Tu discutes, tu ris, et pendant ce temps ta main fait des allers-retours vers le saladier. Sans que tu décides quoi que ce soit. Tu ne les apprécies même pas vraiment. Une heure plus tard, tu serais incapable de dire combien tu en as pris. Ni combien de verres de rosé tu t'es resservie machinalement.

Recule de quelques heures. Cet après-midi après la plage, tu t'es offert une glace en terrasse avec tes enfants. Une vraie, choisie, attendue, savourée lentement au soleil. Celle-là, tu t'en souviens encore ce soir, et elle te fait sourire. Elle t'a fait du bien, à la tête autant qu'au corps.

Deux gestes, deux mondes. Et à la fin de l'été, quand tu te sentiras un peu lourde et que tu te diras que tu t'es « lâchée », repense à ces deux moments. Parce que ce qui aura pesé, ce ne sera presque jamais la glace. Ce sera le bol de chips. Les poignées de biscuits machinales, les verres de rosés bus sans y penser, le bout de pain grignoté en attendant ton plat au resto, les gâteaux industriels au petit déj parce que c'est "plus simple". Des gestes qu'on ne décide pas, qu'on ne savoure pas, et qui pourtant s'additionnent en silence.

C'est ça, la vérité de l'été qu'on ne se dit pas. Le plaisir que tu choisis te laisse un souvenir. L'automatisme, lui, ne te laisse rien, à part cette vague impression d'avoir dérapé sans savoir où ni quand.

Et c'est une bonne nouvelle, parce que ça déplace complètement le problème. Tu n'as pas à te battre contre les glaces, ni à te priver de terrasse. Tu as juste à repérer ce moment où ta main part toute seule vers quelque chose que tu n'as pas vraiment décidé.

Cette semaine, tu n'as rien à t'interdire. Juste à voir arriver le bol de cochonneries apéro, et à laisser une seconde entre l'envie et le geste. Tes vrais plaisirs, savoure-les sans une once de culpabilité, ils sont à toi. Le reste, ce qui ne t'apporte ni joie ni plaisir, tu peux le laisser sans rien regretter. Ce n'est pas se priver. C'est juste arrêter de manger en pilote automatique.

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