Les femmes ont besoin de moins de protéines que les hommes

C'est faux. Et ce mythe a de lourdes conséquences
Les femmes ont besoin de moins de protéines que les hommes

Tu as déjà remarqué ? Au restaurant, quand un homme commande une côte de boeuf, personne ne lève un sourcil. Quand une femme le fait, il y a toujours un regard. Un commentaire. Un "ah quand même".

Les femmes mangent léger, c'est bien connu. Les femmes mangent des salades. Les femmes ne mangent pas "autant de viande qu'un homme". C'est comme ça. Tout le monde le sait.

Sauf que personne ne s'est jamais demandé d'où venait cette certitude.

Une étude publiée ce mois-ci vient de répondre à cette question. Des chercheurs ont analysé les os de milliers de squelettes européens, répartis sur plusieurs centaines de sites archéologiques, sur une période de 10 000 ans. Ils ont mesuré les isotopes d'azote dans le collagène osseux, un marqueur direct de la consommation de protéines animales.

Résultat : effectivement, on trouve deux fois plus d'hommes que de femmes parmi les plus gros consommateurs de protéines animales. Et 95% des sites étudiés montrent un accès restreint des femmes à la viande et au poisson.

Mais la cause n'est pas biologique. Elle est hiérarchique, quasi animale : les hommes chassaient et s'octroyaient la "part du lion" sur le butin, tandis que les femmes se contentaient de restes. Et ces normes sociales, transmises de génération en génération, se sont si profondément ancrées qu'elles sont devenues des tabous alimentaires, des croyances sur ce qui est "approprié" pour une femme.

Ces normes transmises de génération en génération sont devenues des évidences biologiques. On a privé les femmes de protéines animales pendant des millénaires, et lorsque la science a observé la consommation de viande des femmes, elle en a conclu qu'elles en mangeaient moins, donc qu'elles en avaient moins besoin...

Et ça continue. Les recommandations officielles, basées sur des études réalisées sur des populations très majoritairement masculines et âgées, sont systématiquement revues à la baisse pour les femmes puisqu'elles auraient "moins besoin de protéines".

Ce n'est pas vrai. Pour être fortes et en bonne santé, les femmes ont besoin d'autant de protéines que les hommes.

Pire, la recherche récente montre qu'après 40 ans, avec la chute des oestrogènes et l'installation de la résistance anabolique, ton corps perd progressivement sa capacité à fabriquer du muscle à partir des protéines que tu manges. Tu n'as pas besoin de moins. Tu as besoin de plus. Largement plus.

Ce qui est fascinant, c'est que malgré 10 000 ans de privation, le corps féminin n'a pas abdiqué. Il s'est adapté. Les femmes oxydent proportionnellement plus de graisses que les hommes à l'effort. Leur métabolisme est plus flexible, plus économe, plus résilient.

Les femmes ne sont pas des petites choses fragiles, les femmes ont été rendues fragiles. Le "sexe faible" ne l'est pas sur le plan biologique, il l'est devenu faute d'accès aux ressources alimentaires.

Et malgré tout, nos corps fonctionnent, donnent la vie, endurent bien plus que le sexe fort. Tu imagines ce dont ils seraient capables si on les nourrissait enfin correctement ?

Cette semaine, on va en parler. De ce qui nous a été refusé. De ce que notre corps attend vraiment. Et de pourquoi tout ce qu'on t'a appris sur "bien manger" mérite d'être remis à plat.

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