« Manger, bouger » : le reproche qui ne se dit jamais
Tu les lis depuis vingt ans, en tout petits caractères, au bas des publicités de céréales du matin et de yaourts à boire.
« Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour. » « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière. » « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé. » « Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas. »
Quatre messages qui tournent, et une adresse à consulter, mangerbouger.fr. Manger, bouger. Deux verbes à l'impératif, adressés à soixante-sept millions de personnes en même temps. Personne n'y trouve rien à redire. C'est du bon sens, c'est gratuit, c'est de la santé publique.
Regarde quand même ce que ça suppose.
On ne donne pas d'ordre à quelqu'un qui fait déjà la chose. Si l'État finance des campagnes pour t'expliquer qu'il faut manger et bouger, c'est qu'il tient pour acquis que tu manges mal et que tu ne bouges pas assez. Le reproche est là, entier, logé dans la consigne. Il n'a jamais besoin d'être prononcé.
C'est ce qui le rend imparable. On ne se défend pas contre une accusation qu'on ne t'a pas faite. Tu ne peux pas répondre « attendez, je mange très correctement », puisque personne ne t'a rien dit. On t'a donné un conseil. Gentiment.
Et le conseil se décline partout. En cabinet, « il faudrait faire attention », « on va viser un petit déficit », « un rééquilibrage, pas un régime ». Dans les magazines, « manger léger », « on ne se prive pas, on rééquilibre », « la moitié de légumes, un quart de protéines, un quart de féculents ». Sur les emballages, « allégé », « 0 % », « sans sucres ajoutés », « à consommer dans le cadre d'une alimentation variée et équilibrée ».
Ces phrases se rangent en deux familles, et les deux te renvoient quelque chose.
Celles qui parlent de quantité, d'abord. Déficit, portions, léger, allégé, brûler, limiter. Elles te reprochent en creux un excès.
Celles qui parlent de proportions, ensuite. Rééquilibrage, moitié de légumes et quart de féculents, un peu de tout, alimentation variée et équilibrée. Celles-là ne t'accusent pas de trop manger. Elles t'accusent de mal répartir. Le désordre au lieu de l'excès, mais le reproche est toujours là, et toujours implicite.
Les deux familles ont en commun de décrire une assiette dans l'abstrait et de la servir à tout le monde. Aucune ne demande ce que ton corps, lui, fait de ce qu'il reçoit.
Et si tu superposes les deux, tu obtiens une seule et même assiette. Cinq fruits et légumes, des féculents à chaque repas en privilégiant les complets, trois produits laitiers, et surtout pas trop gras. Beaucoup de glucides, peu de gras, des protéines en portion raisonnable. Une assiette qui sollicite ton insuline du matin au soir, tous les jours, pendant vingt ans.
Maintenant, le point qui me met en colère depuis des années.
Les femmes qui arrivent dans mon Programme n'ont pas ignoré ces recommandations. Elles les ont suivies. Elles cuisinent, elles lisent les étiquettes, elles ont remplacé le beurre par de la margarine parce qu'on le leur a conseillé, elles prennent des yaourts à 0 %, elles marchent. Elles sont conformes. Beaucoup sont même plus rigoureuses que les gens minces de leur entourage.
Et elles arrivent chez moi en surpoids, fatiguées, avec un bilan sanguin qui commence à se dégrader.
Pendant vingt ans, on leur a répété la consigne. Pendant vingt ans, elles l'ont appliquée. Le résultat est sous nos yeux, et on continue de leur expliquer qu'elles devraient faire un effort.
Et ce que je vais te dire va plus loin que « ça n'a pas marché ».
On ne t'a pas seulement donné un conseil inefficace. On t'a donné le mode d'emploi de ce qui te bloque. Une assiette majoritairement glucidique, répartie sur toute la journée, maintient ton insuline haute en permanence. Tant qu'elle est haute, elle range l'énergie et empêche ton corps d'aller puiser dans ses réserves. Vingt ans à ce régime installent très exactement l'état métabolique qu'on te reproche ensuite de ne pas savoir corriger.
Tu n'as pas dévié de la route qu'on t'a indiquée. Tu l'as suivie, consciencieusement, pendant vingt ans. Et c'est précisément ce qui te coûte le plus cher aujourd'hui.
Bonjour, je m'appelle Sophie Gironi 👋
Je suis coach en optimisation métabolique.
Depuis 2019, j'ai aidé plus de 4000 femmes à perdre du poids, booster leur énergie et apaiser leur mental grâce à une alimentation qui les soutient et des routines adaptées à leur quotidien 💪
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