Non, tu ne vas pas tomber dans les pommes en sautant un repas

L’idée qu’il faut manger toutes les trois heures n’arrange que l’industrie
Non, tu ne vas pas tomber dans les pommes en sautant un repas

Il y a quelques années, à l’évocation du jeûne, une amie m’a dit qu’elle ne pourrait jamais. Que rien que de sauter le petit-déjeuner, elle avait déjà l’impression qu’elle allait faire un malaise.

Elle n’est pas seule. C’est sans doute la peur la plus répandue dès qu’on parle de laisser passer un repas : le tremblement, la tête qui tourne, la fameuse « hypo » qui justifie qu’on mange bien consciencieusement 4 fois par jour, voire 5 ou 6.

Sauf qu’un corps en bonne santé ne te lâche pas parce que tu as sauté un repas. Ta glycémie ne s’effondre pas au moindre creux : ton foie, tes muscles, tes réserves sont là pour la maintenir stable pendant des heures. Tu passes déjà toutes tes nuits sans manger, et tu ne te réveilles pas en hypoglycémie. Le jeûne tranquille, ton corps sait le faire. Il est même conçu pour ça.

Alors d’où vient ce malaise que tu ressens parfois quand tu sautes un repas ?

De ton assiette. Quand on mange des féculents et du sucre à chaque repas, la glycémie grimpe d’un coup, le corps envoie une grosse dose d’insuline pour la faire redescendre, et elle redescend parfois un peu trop vite, un peu trop bas. Ce contrecoup, il s’exprime par le fameux coup de barre, allant parfois jusqu’aux tremblements, l’envie irrépressible de sucre, le besoin de manger à nouveau… et de préférence du sucre.

Ça ne veut pas dire que c’est ainsi que ton corps doit fonctionner. Ça démontre juste que ton corps ne sait plus basculer vers son carburant le plus fiable, tes réserves de gras, et qu’il dépend du sucre pour fonctionner (ce qui n’est vraiment pas souhaitable, je t’en parlerai cette semaine).

Pourtant, cette croyance qu’il faut absolument manger trois repas par jour et une ou deux collations pour « relancer le métabolisme » est répandue, pour le plus grand plaisir des industriels qui peuvent ainsi te vendre des barres de céréales, des en-cas « équilibrés » et des collations « coupe-faim ».

Une journée découpée en six prises alimentaires, c’est six occasions de te vendre quelque chose, et ce quelque chose est rarement assez nutritif pour réellement soutenir ton métabolisme, et souvent bien trop glucidique pour te permettre de déstocker.

Le jour où tu fermes la cuisine, où tu sautes la collation, où tu laisses ton corps puiser dans ses réserves, tu ne remplis les poches de personne. Étrangement, personne n’a très envie de t’apprendre ça.

Cette semaine, je vais te montrer que ton corps sait jeûner, et que le comprendre change tout. Pas pour te priver. Pour arrêter d’avoir peur d’un creux, et reprendre la main.

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