Pourquoi je fais tout ça depuis 20 ans.

Je ne fais pas ça pour être mince. Je fais ça pour être encore là, debout, lucide, autonome, le plus longtemps possible.
Pourquoi je fais tout ça depuis 20 ans.

Pendant des années, je me suis fichue de mon poids.

Je pesais plus de 100 kilos et ça ne me posait pas de problème existentiel. Je n'étais pas malheureuse. Je ne me détestais pas devant le miroir. Je vivais, c'est tout. Le poids, c'était un truc esthétique, et l'esthétique, franchement, ce n'était pas ma priorité.

Et puis ma fille est née, et j'ai réalisé que désormais, j'étais responsable de quelqu'un.

Pas juste "responsable" au sens administratif. Responsable au sens : cette petite fille allait avoir besoin de moi pendant des années. Des décennies. Elle allait avoir besoin d'une mère présente, en forme, capable de courir derrière elle, de l'accompagner, de la porter, de tenir le rythme.

Et moi, à plus de 100 kilos, essoufflée rien qu'en montant une volée de marches, fatiguée en permanence... je n'étais pas cette mère-là.

Ce n'est pas la honte qui m'a fait bouger. C'est la lucidité. L'obésité n'est pas un état de bonne santé. Ce n'est pas une opinion, c'est un fait. Et je ne pouvais plus faire semblant de ne pas le voir.

C'est là que j'ai commencé à chercher un médecin pour m'accompagner et que j'ai rencontré le médecin qui allait me parler d'insuline, de syndrome métabolique et de tout un tas de choses qu'aucun médecin avant lui n'avait jamais évoquées. Le médecin qui allait me permettre de perdre 40kg en réduisant les glucides, de retrouver mon énergie, de stabiliser mon mental, de renforcer ma santé cognitive.

Mais le plus important, ce n'est pas les 40 kilos. C'est ce que cette rencontre a déclenché en moi : une curiosité qui ne m'a plus jamais quittée.

J'ai commencé à lire. Beaucoup. Des études, des livres, des publications scientifiques. J'ai creusé, recoupé, vérifié. Et ce que j'ai compris m'a définitivement convaincue que je ne reviendrais jamais en arrière.

L'hyperinsulinémie chronique ne fait pas "que" stocker du gras. Elle nourrit une inflammation de bas grade qui s'installe partout, dans les articulations, dans les vaisseaux, dans les organes. Elle prépare le terrain du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires, de certains cancers, de la stéatose hépatique.

Et du déclin cognitif.

Il y a des cas d'Alzheimer dans ma famille. Quand j'ai compris que la résistance à l'insuline était aujourd'hui considérée par de nombreux chercheurs comme un facteur aggravant, voire déclencheur, de la maladie d'Alzheimer, au point de la surnommer le "diabète de type 3", quelque chose s'est verrouillé en moi.

Aujourd'hui, pour moi, il ne s'agit plus seulement de vouloir sortir de l'obésité. Ça, c'est fait. Désormais, ce qui m'anime, c'est de tout faire pour mourir vieille et en bonne santé, physique et cognitive.

Cette année, ça fait 20 ans que j'ai commencé. Vingt ans que je choisis ce que je mange en connaissance de cause. 20 ans que je lis, que j'apprends, que j'ajuste. Vingt ans que je fais le choix de manger ce qui me fait du bien, chaque jour, quoi qu'il arrive.

Est-ce que c'est une garantie ? Non. La biologie n'est pas une équation. Il y a une part de génétique, une part de hasard, une part d'injustice, et peut-être que malgré tous mes efforts, je développerai malgré tout une maladie métabolique ou cognitive...

Mais il y a aussi une part que je maîtrise, une part en mon pouvoir, celle liée à mes choix alimentaires. Et cette part là, je peux faire en sorte qu'elle soit contributive à une meilleure santé.

Parce que désormais, pour moi, il ne s'agit pas seulement de rester mince, mais aussi et surtout de rester autonome, lucide, forte, le plus longtemps possible. Pour préserver mon mari et ma fille de ce fardeau qu'est la dépendance d'un proche.

Et c'est probablement parce que cet objectif est bien plus grand que de rentrer dans un jean en taille 40 que je tiens depuis 20 ans 😉

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