Si ça bloque, le problème n'est pas ta discipline

Quand ça stagne, on croit toujours qu'il faut serrer encore. C'est souvent l'inverse qu'il faudrait faire.
Si ça bloque, le problème n'est pas ta discipline

Ça fait des semaines que tu réduis les glucides. Au début ça bougeait, la balance descendait, tu y croyais. Et puis plus rien, le poids s'est figé et il ne redescend plus.

Et là, ta première pensée, presque automatique, c'est : je ne suis pas assez stricte. Alors tu serres encore d'un cran. Tu enlèves les quelques légumes qui restaient, tu sautes un repas de plus pour forcer un peu, tu te dis qu'une malheureuse carotte a sûrement tout gâché. Ton assiette devient un interrogatoire permanent, et chaque repas, une occasion de te trouver en faute.

Je voudrais te faire reculer d'un pas, parce que c'est le piège le plus courant, et de loin le plus injuste.

Quand une règle ne donne plus de résultats, on croit toujours qu'il faut l'appliquer plus fort. C'est humain, mais c'est une erreur. Si cette règle te faisait regarder le mauvais levier, la suivre avec encore plus de zèle ne te rapproche pas du but, ça t'épuise, c'est tout. Et un corps épuisé, sous tension, qui dort mal et vit dans la restriction permanente, ne déstocke pas. Il se met en sécurité, il se protège, il garde ses réserves. Plus tu serres, plus il verrouille.

C'est comme ça que la rigueur se transforme en prison : tu manges moins, tu profites moins, tu refuses les dîners entre amis, tu vis ton alimentation comme un examen que tu rates un peu chaque jour. Et au bout du compte, tu stagnes quand même. Le pire des deux mondes.

Le problème n'a jamais été ton manque de volonté. De la volonté, tu en as à revendre, sinon tu aurais lâché depuis longtemps. Le vrai problème, c'est qu'on t'a donné des règles toutes faites sans jamais t'apprendre à lire ton propre corps. Tu n'as pas échoué, on ne t'a juste jamais appris à comprendre ce qui se passe en toi.

Ce qu'il te faut, ce n'est pas plus de sévérité, c'est de la compréhension. Plutôt que de serrer davantage, recule et pose-toi les vraies questions. Est-ce que je mange assez de protéines ? Est-ce que j'ajoute du gras pour rien ? Est-ce que je dors, est-ce que je souffle un peu ? Ce sont ces leviers-là qui débloquent les choses, jamais la punition.

Et le premier à vérifier, ce n'est pas ce que tu pourrais encore enlever. C'est ce qui manque. Est-ce que tu manges assez de protéines, assez d'aliments denses pour que ton corps se sente nourri et accepte de relâcher ses réserves ? Parce qu'un corps qu'on affame se met en sécurité et garde tout, alors qu'un corps qu'on nourrit correctement se sent assez en confiance pour lâcher du lest. Alors avant de serrer encore d'un cran, demande-toi plutôt ce que tu pourrais lui redonner.

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