Ton cerveau déteste le changement, et il te trouve d'excellentes excuses

La peur de la frustration est l'argument le plus malin qu'il ait trouvé
Ton cerveau déteste le changement, et il te trouve d'excellentes excuses

Commençons par le plus important, parce que tout le reste en dépend.

Manger en réduisant les glucides n'a rien de frustrant. Rien. Tu manges à ta faim, tu ne comptes rien, et tu retrouves des aliments qu'on t'a fait fuir pendant vingt ans. Le beurre. Le fromage. Les œufs. Le gras qui donne du goût et qui tient au corps. Une entrecôte sans culpabiliser. De l'huile d'olive en quantité sur tes légumes.

Compare ça à ce que tu as connu. Le blanc de poulet triste, les légumes vapeur sans assaisonnement, les 1 200 calories, la faim de 16h et l'obsession qui va avec. Ça, c'était affamant, épuisant et humiliant.

Alors pourquoi est-ce qu'on entend « j'ai peur d'être frustrée » à propos de quelque chose où on mange mieux et davantage qu'avant ?

Parce que ce n'est pas de la nourriture qu'il s'agit. C'est du changement.

Ton cerveau a une préférence très nette pour ce qui existe déjà. Les chercheurs appellent ça le biais du statu quo, et il est documenté depuis les années 80 : à choix égal, on garde l'état actuel. Pas parce qu'il est bon. Parce qu'il est connu, et que le connu ne demande aucun effort d'adaptation.

Il y a un deuxième mécanisme, encore plus puissant. On accorde beaucoup plus de poids à ce qu'on perd qu'à ce qu'on gagne. C'est l'aversion à la perte, et c'est un des trucs les mieux établis en psychologie de la décision. Concrètement, tes tartines du matin pèsent plus lourd dans ta tête que ton énergie de l'après-midi et ton pantalon qui ferme. Alors même que tu sais très bien lequel des deux compte vraiment.

Et le troisième, tu le connais par cœur. On préfère une petite récompense tout de suite à une grande plus tard. Le p'tit creux de 21h est là ce soir, à portée de main. La femme que tu seras dans six mois, elle, n'a aucun moyen de plaider sa cause maintenant.

Ton cerveau ne va pas te dire ça comme ça, évidemment.

Il ne va pas t'annoncer « je refuse de changer parce que ça me demande un effort d'adaptation ». Il est bien plus fin. Il va te sortir un argument que personne ne peut te contester, un argument qui a l'air raisonnable, mesuré, presque sage.

« Il ne faut pas que je me frustre. »

Et c'est imparable. Ça te protège de toute discussion. Ça te donne même l'air d'être quelqu'un qui a compris deux ou trois choses sur les régimes. Pendant ce temps-là, rien ne bouge, et c'était bien l'objectif de l'opération.

Le mot est devenu une excuse. Une bonne excuse, une excuse honorable, et c'est exactement ce qui la rend redoutable.

Mais une fois que tu comprends que c'est une excuse, dictée par une peur qui n'a pas lieu d'être, ça change tout. Tu deviens enfin capable de faire « ce qu'il faut » pour obtenir « ce que tu veux ». Et tu obtiens enfin les résultats que tu mérites 💜

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