Tu n'es pas gourmande, tu es accro

Ce n'est pas un manque de volonté qui te pousse vers le pain. C'est la dopamine.
Tu n'es pas gourmande, tu es accro

Il est 16h12. Tu bosses à la maison. Tu sais exactement ce qu'il y a dans le placard.

Tu n'as pas vraiment faim. Tu as mangé un déjeuner correct. "Équilibré", comme on dit. Mais là, maintenant, tu sens cette espèce de tension diffuse. Pas de la faim. Plutôt un appel. Une petite voix qui te dit que deux carrés de chocolat, ça ne va pas te tuer. Ou une tranche de pain avec du beurre. Juste une.

Tu cèdes. Et vingt minutes plus tard, tu t'en veux et tu te sens nulle, tu as l'impression que tu n'as aucune volonté.

Sauf que la volonté n'a pas grand chose à voir dans l'affaire. Je t'explique.

Quand tu manges des glucides — pain, pâtes, riz, même complets — ta glycémie monte. En réponse, ton corps libère de l'insuline pour faire redescendre le taux de sucre dans le sang. Jusque-là, rien de neuf. Mais ce qu'on te dit rarement, c'est ce qui se passe en parallèle dans ton cerveau.

Au moment où le glucose arrive, ton circuit de récompense s'allume. La dopamine, qu'on appelle souvent "l'hormone du plaisir" mais qui est en réalité l'hormone de la motivation, est libérée. Ton cerveau enregistre le message : "ça, c'est bon. Refais-le."

Le problème, c'est que ce système a été conçu pour un monde où le sucre était rare et l'accès à la nourriture compliqué. Un monde où il fallait sacrément se motiver, pour aller chasser, pour aller cueillir, dans un environnement hostile. Pas un monde où il suffisait de tendre le bras pour attraper un paquet de biscuit dans le tiroir de son bureau 😅

Du coup, ce circuit de la récompense conçu pour notre survie se retrouve stimulé en continu (et pas seulement par la bouffe, mais c'est un autre sujet).

Ton cerveau construit littéralement une autoroute neurologique vers cette récompense, depuis ton plus jeune âge, encore plus si la nourriture est aussi associé à des moments heureux.

La mécanique "stress → glucides → soulagement" devient un réflexe, pas un choix.

Petit à petit, tes récepteurs à dopamine se désensibilisent. Tu as besoin de plus de stimulation pour ressentir le même effet. C'est exactement le mécanisme de la tolérance, le même que dans n'importe quelle addiction.

C'est pour ça que ton pain du matin te semble "indispensable". Pas parce que ton corps en a besoin. Mais parce que ton cerveau a appris à en attendre le shoot de dopamine. Et quand il ne l'obtient pas, il te le fait savoir — par de l'agitation, de l'irritabilité, une envie que tu confonds avec de la faim.

Ce ne serait pas un problème si tu avais un métabolisme hyperperformant capable d'encaisser un apport massif en glucides tout au long de la journée, mais malheureusement, ce n'est pas le cas.

Mais ton cerveau s'en fiche, lui, que ces glucides sabotent ton métabolisme. Lui, il cherche la récompense là où il a appris à la trouver. Et aussi longtemps que tu lui offres ce stimulus à intervalles réguliers, il continuera à le réclamer.

La bonne nouvelle ? Ce mécanisme est réversible.

Quand tu réduis les glucides au profit de vrais aliments rassasiants – des protéines, des bons gras, des légumes – plusieurs choses se produisent.
Ta glycémie se stabilise.
L'insuline redescend.
Et surtout, tu cesses de stimuler ce circuit en boucle.

Tes récepteurs à dopamine se resensibilisent. Le bruit de fond s'éteint. La fausse faim de 16h disparaît — pas parce que tu as plus de volonté, mais parce que ton cerveau n'est plus en état de manque.

Ça prend du temps. Quelques semaines, parfois un peu plus. Les premiers jours sont les plus inconfortables, parce que ton cerveau réclame ce qu'il a l'habitude de recevoir. Mais chaque jour où tu ne relances pas le cycle, l'autoroute perd un peu de son asphalte, et de nouveaux chemins se tracent.

Tu n'es pas gourmande. Tu n'es pas faible. Tu es une femme dont le cerveau a été entraîné à réclamer sa dose.

Et comprendre ça, c'est déjà commencer à reprendre le contrôle.

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