Tu veux tout, tout de suite

Sauf que les résultats qui durent demandent du temps !
Tu veux tout, tout de suite

Tu commences un lundi. Motivée. Déterminée. Cette fois, c'est la bonne.

Tu tiens trois jours. Cinq. Une semaine. Tu fais tout bien. Et puis tu montes sur la balance. Moins 400 grammes.

Quatre cents grammes. En une semaine d'efforts.

Et là, dans ta tête, une petite voix murmure : « Tout ça pour ça ? ».

Le lendemain, tu craques un peu. Pas beaucoup. Juste assez pour relâcher la pression. Et reprendre tes 400g. La semaine suivante, tu es de retour à la case départ, persuadée que « de toute façon, rien ne marche pour toi »,

Je vois ce genre de schéma chaque semaine en coaching. Un schéma qui s’explique d’une part par la résistance au changement de ton cerveau, qui ne veut surtout pas que tu essaies de changer, mais aussi par un problème plus profond, de plus en plus massif : la recherche permanente de gratification immédiate.

On vit dans un monde où tout est instantané. Tu commandes un truc sur internet, il arrive demain. Tu poses une question à ton téléphone, la réponse s'affiche en deux secondes. Tu scrolles un réseau social, ton cerveau reçoit une micro-dose de dopamine toutes les trente secondes.

Ton cerveau est désormais entraîné, conditionné, câblé pour la récompense immédiate. Et quand tu lui demandes de s'investir dans quelque chose dont les résultats ne seront visibles que dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois, il résiste.

Hier, je t'expliquais le mécanisme de la dopamine sur tes envies alimentaires. Mais la dopamine ne joue pas que sur ta relation au sucre. Elle joue aussi sur ta capacité à tenir un cap, à entreprendre un changement durable.

Quand tu ne perds pas autant de poids que tu voudrais, aussi vite que tu voudrais, ton cerveau se fixe sur : « effort sans récompense ». Et il baisse ta motivation d'un cran. Pas parce que tu manques de volonté. Parce que ton cerveau est devenu incapable d’avancer sans son shoot de dopamine.

C'est le biais de gratification immédiate : le cerveau préfère un petit plaisir maintenant plutôt qu'un grand bénéfice plus tard. Le problème, c'est que la perte de poids durable est, par définition, un jeu de gratification différée.

Ton métabolisme ne se recalibre pas en cinq jours. Tes récepteurs à l'insuline ne se resensibilisent pas en une semaine. Tes nouvelles habitudes alimentaires ne deviennent des automatismes qu'après plusieurs semaines de répétition, le temps que ton cerveau construise de nouveaux circuits neuronaux.

Mais ton cerveau ne sait plus faire. Shootė à la dopamine, à coup de clics, de likes, de notifications, de livraisons express, de vidéo à la demande, de livres à télécharger en 2 minutes, il est désormais incapable d’attendre, de patienter, d’espérer, de s’investir maintenant pour un résultat futur.

Alors qu'est-ce qu'on fait ?

On apprend à tolérer l'attente. Et ça, c'est une vraie compétence, pas un trait de caractère. La patience est un muscle. Et comme tout muscle, il se travaille… à condition de comprendre ce qui l'affaiblit.

En matière de perte de poids, ce qui l’affaiblit, c'est la pensée binaire : soit ça marche, soit ça ne marche pas. Soit je vois un résultat, soit c'est un échec. Cette pensée-là, ton cerveau l'adore. Parce qu'elle lui donne une raison de tout arrêter.

Mais tu peux changer la question. Remplacer « est-ce que ça marche ? » par « qu’est ce que j’apprends ? ».

Ce changement de question est plus puissant qu'il en a l'air. Parce qu'il fait basculer ton identité. Tu n'es plus « la femme qui essaie encore un truc ». Tu deviens « la femme qui apprend ».

Quand tu ne vises plus la perte de poids mais que tu écoutes des signaux de ton corps pour mieux répondre à ses besoin, tu ne vises plus la restriction mais le soutien de ton métabolisme.

Et ça, ton cerveau ne peut pas te l’enlever. Parce que chaque petit effort que tu fais ne suppose pas un résultat immédiat mais s’inscrit dans une dynamique globale, durable. C'est exactement là que la bascule se fait.

Quand tu arrêtes de mesurer ta réussite à la vitesse du résultat, l'impatience perd son pouvoir. Parce que chaque jour t'apporte quelque chose. Pas un chiffre, pas une validation externe, mais une connaissance de toi que personne ne pourra te retirer.

C’est ce qui fait toute la différence entre celles qui perdent 3 kilos en 10 jours et les reprennent, et celles qui en perdent 15 en 6 mois et ne les reprennent jamais. Les premières couraient après un résultat et n’ont rien appris. Les secondes ont visé le progrès et la compréhension, et ont mis en place des choses durables parce qu‘elles ont compris.

Tu n'as pas besoin d'aller plus vite. Tu as besoin de changer ce que tu appelles « réussir ».

Abonne-toi à ma newsletter quotidienne

Pas de spam, pas de partage avec des tiers. Seulement vous et moi.

Discussion des membres