Vouloir maigrir n'est pas superficiel. C'est lucide.

On t'a fait croire que vouloir perdre du poids, c'était céder à la pression. Et si c'était l'inverse ?
Vouloir maigrir n'est pas superficiel. C'est lucide.

Tu es invitée à dîner. On te propose du pain, puis du vin, puis des pâtes. Tu déclines, gentiment, à chaque fois. Quand arrive le moment du dessert, on insiste pour que tu en prennes une part et tu as le malheur de refuser en prononçant le mot interdit "Non, vraiment, merci, j'essaie de maigrir".

Et là, c'est parti pour le sermon collectif.

« Franchement, tu es très bien comme tu es. »
« Il faut arrêter avec cette obsession de la minceur. »
« Tu sais, il vaut mieux faire envie que pitié. »

Sauf que d'une, chacun fait bien ce qu'il veut avec son corps et si tu ne t'y sens pas bien, ça ne les regarde pas. Et surtout, surtout, vouloir perdre du poids n'est ni une obsession ni un caprice esthétique.

Ces phrases te confisquent le droit d'écouter ton corps.

Dans les années 80-90, les magazines nous ont martelé qu'il fallait être "mince", qu'il fallait "perdre du poids pour l'été"... Dans les pubs, les films, les séries, les femmes rondes étaient des personnages comiques ou tristes. C'était violent. Le mouvement body-positive a eu raison, à ses débuts, de mettre un coup d'arrêt à ça.

Sauf qu'il a basculé.

Aujourd'hui, c'est l'inverse : si tu oses dire que tu veux perdre du poids, on te soupçonne d'avoir cédé à l'injonction de la minceur. On te demande de « déconstruire ton rapport au corps ». On te recommande de « t'aimer comme tu es », alors que justement, t'aimer comme tu es, ça peut vouloir dire vouloir te sentir mieux dans ton corps.

Le résultat ? Une autre forme de confiscation. On t'a retiré le droit d'avoir un avis sur ton propre corps. Tu ne peux plus dire « j'aimerais peser 8 kilos de moins » sans devoir te justifier devant un tribunal moral. Ce n'est plus de la bienveillance, c'est une nouvelle injonction qui se déguise en libération.

Et si ton corps, lui, n'avait rien à faire des slogans Instagram ?

Quand tu prends 12 kilos sur 5 ans, ce n'est pas qu'esthétique. C'est de l'inflammation chronique de bas grade qui s'installe en silence : ta CRP grimpe doucement, tes cytokines inflammatoires augmentent, tes mitochondries fonctionnent moins bien. C'est de l'insulinorésistance qui s'installe sans bruit, parfois pendant des années avant qu'un médecin la cherche. C'est un tissu adipeux qui devient lui-même un organe endocrinien dysfonctionnel, qui sécrète ses propres hormones et envoie ses propres signaux d'alarme.

Et ce n'est pas un détail. Le lien entre adiposité abdominale et risque accru de cancers post-ménopause (sein, endomètre, colon, pancréas) est documenté depuis 20 ans dans la littérature scientifique, validé par les méta-analyses du World Cancer Research Fund. Le surpoids fatigue tes articulations, dégrade ton sommeil, comprime ta respiration. Il pèse, littéralement.

Vouloir maigrir n'est pas un crime contre la sororité. Ce n'est pas céder aux injonctions masculinistes. Ce n'est pas être trop coquette ou superficielle. C'est un acte de lucidité envers ton corps.

Le principal enjeu, au final, n'est pas de savoir pourquoi tu veux maigrir, tu sens bien que c'est une question de santé et de longévité. La vraie question c'est « comment je le fais intelligemment, pour de bon, sans m'abîmer ? ».

Cette question là, on va passer la semaine dessus.

Et la première règle, c'est de ne plus laisser personne parler de ton corps à ta place.

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