Elle n'a jamais dépassé ses vingt grammes
Elle ouvrait son application à chaque repas. Elle pesait, elle saisissait, elle vérifiait. Le soir, elle regardait le total de la journée et elle soufflait : dix-huit grammes. Sous la barre. Encore une journée réussie.
Voilà ce qu'il y avait dans ses dix-huit grammes.
Un yaourt allégé le matin, parce que c'est ce qui rentrait le mieux dans le calcul. Deux tranches de pain protéiné le midi, six grammes annoncés sur le paquet. Un carré de chocolat sans sucre l'après-midi. Un soda zéro vers dix-sept heures, gratuit dans l'application, donc autorisé. Et le soir, du jambon et une portion de légumes.
Six mois comme ça. Rien n'a bougé. Ni la balance, ni la faim de seize heures, ni la fatigue de l'après-midi.
Quand elle est arrivée chez moi, elle m'a dit qu'elle pensait avoir un problème hormonal, ou un métabolisme cassé. Elle avait fait tout ce qu'on lui avait demandé.
C'est vrai. Elle l'avait fait. Le problème, c'est ce qu'on lui avait demandé.
Reprenons ce chiffre de vingt grammes, puisque tout le monde le récite. D'où sort-il ? C'est le seuil en dessous duquel on est censée entrer en cétose nutritionnelle. Rien de plus. Ce n'est pas un seuil de perte de poids, ce n'est pas un seuil de santé, c'est un repère biochimique devenu commandement. Et la limite de quatre-vingts ou cent grammes qu'on trouve ailleurs, c'est juste le chiffre qui permet de coller l'étiquette « lowcarb » sur une alimentation.
Aucun de ces deux nombres ne dit d'où viennent les glucides, ni ce qu'ils amènent avec eux.
Prends le calcul à l'envers, tu vas voir le problème tout de suite.
Vingt grammes de glucides pris sur des courgettes, ça fait environ un kilo de courgettes. Tu ne peux pas les manger. Physiquement, tu cales avant. Et en les mangeant, tu as avalé de l'eau, des fibres, du potassium, du magnésium, de quoi remplir ton estomac et occuper ta digestion pendant des heures.
Vingt grammes pris sur des biscuits « sans sucre », ça fait un biscuit et demi. Tu les avales en quarante secondes, debout, et tu as encore faim après.
Même chiffre. Même case cochée dans l'application. Deux journées qui n'ont rien à voir.
Ma cliente était en permanence sous sa barre, et en permanence sous-nourrie. Elle passait ses journées avec des produits allégés, des substituts et des édulcorants, tous parfaitement conformes au compte, et son corps ne recevait presque rien. Pas de protéines en quantité sérieuse, pas de vrai gras, pas de volume. Alors il faisait ce que fait un corps qui ne reçoit pas assez : il économisait, et il réclamait à seize heures.
On a arrêté de compter. On a regardé ce qu'il y avait dans l'assiette. Le pain protéiné est parti, le yaourt allégé aussi, le soda avec. À la place, des œufs, du fromage, du poisson, des légumes verts en quantité, du beurre. Et son total de glucides a probablement augmenté, parce que les légumes en apportent.
C'est là que ça a commencé à bouger.
Il y a une chose que personne ne lui avait dite : le seuil qui fonctionne est différent pour chacune. Il dépend de ton historique, de ton activité, de ta masse musculaire, de ton âge, de ce que tu as infligé à ton métabolisme pendant vingt ans de régimes. Il se trouve en observant ton corps sur plusieurs semaines. Il ne se lit sur aucun blog, et surtout pas sur celui de quelqu'un qui ne t'a jamais vue.
Elle avait passé six mois à croire que respecter un chiffre serait suffisant, elle a compris qu'il fallait qu'elle respecte ses besoins avant tout.
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Je suis coach en optimisation métabolique.
Depuis 2019, j'ai aidé plus de 4000 femmes à perdre du poids, booster leur énergie et apaiser leur mental grâce à une alimentation qui les soutient et des routines adaptées à leur quotidien 💪
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