La règle la plus technique est celle qui te coûte le plus cher
« Attention à ne pas manger trop de protéines, elles se transforment en sucre. »
On me la sort régulièrement, souvent avec un petit ton d'initiée, et presque toujours assortie d'un chiffre : un gramme par kilo de poids, pas davantage, sinon tu bloques tout.
Le mot savant derrière, c'est la néoglucogenèse. Création de nouveau glucose. Et oui, ce mécanisme existe : ton corps sait fabriquer du glucose à partir de certains acides aminés. Jusque-là, tout est vrai.
Ce qui est faux, c'est le reste.
La néoglucogenèse n'est pas un tuyau qui se déclenche dès que des protéines arrivent. C'est un processus coûteux, que ton corps active à la demande, quand certains organes ont besoin de glucose et qu'il n'y en a pas assez en circulation. La demande commande, pas l'arrivée. Tu peux manger deux cents grammes de protéines, ton corps n'en fera pas du sucre pour le plaisir de te contrarier.
Et il y a un détail que personne ne donne jamais, alors qu'il clôt le débat.
Quand ta glycémie monte un peu après un repas riche en protéines, ce n'est pas de la néoglucogenèse. C'est ton foie qui libère du glycogène, ce qui est une réponse parfaitement normale à un repas protéiné. Les protéines que tu viens d'avaler ne seront pas digérées avant plusieurs heures. Elles n'ont pas eu le temps de devenir quoi que ce soit. Les gens qui voient leur glycémie grimper après un steak et qui en concluent que le steak s'est transformé en sucre confondent deux mécanismes qui n'ont rien à voir.
Quant au fameux gramme par kilo, il faut savoir d'où il vient : c'est un minimum. C'est le plancher en dessous duquel on entre en insuffisance. On a pris un seuil de survie et on l'a transformé en plafond.
Voilà pour la biochimie. Maintenant, le vrai sujet.
Cette règle circule dans des groupes remplis de femmes entre quarante-cinq et soixante-cinq ans, qui cherchent à perdre du poids. Autrement dit, elle fait baisser les protéines exactement chez les personnes qui en ont le plus besoin, au moment précis où elles en ont le plus besoin.
Parce qu'une perte de poids ne fait jamais fondre que de la graisse. Elle entame aussi le muscle, et d'autant plus que l'apport en protéines est faible. À partir de quarante-cinq ou cinquante ans, ce muscle est déjà sous pression : la réponse aux protéines s'émousse avec l'âge, il faut en manger davantage pour obtenir le même effet qu'à trente ans, pas moins.
Et le muscle n'est pas un accessoire esthétique. C'est le principal tissu consommateur de glucose de ton corps. C'est là que part le sucre que tu manges. Quand tu en perds, le glucose a moins d'endroits où aller, il stagne davantage dans le sang, et ta sensibilité à l'insuline se dégrade. Tu as perdu des kilos, et tu as rendu la suite plus difficile qu'elle ne l'était avant.
C'est ça que je trouve grave dans cette règle. Elle ne te ralentit pas, elle ne te fait pas seulement stagner. Elle organise la reprise. Tu perds un peu de poids sur trois mois, tu as sacrifié du muscle pour l'obtenir, et six mois plus tard ton corps déstocke moins bien qu'avant. Tu recommences, un peu plus bas à chaque fois.
Le pire, c'est qu'elle passe pour de la rigueur. Elle a un nom en trois syllabes compliquées, elle donne l'impression d'avoir compris un truc que les autres n'ont pas compris, et elle se transmet entre femmes de bonne foi qui pensent s'entraider.
Une règle qui te fait manger moins de protéines à cinquante ans te coûte du muscle au moment exact où il vaut le plus cher.
Bonjour, je m'appelle Sophie Gironi 👋
Je suis coach en optimisation métabolique.
Depuis 2019, j'ai aidé plus de 4000 femmes à perdre du poids, booster leur énergie et apaiser leur mental grâce à une alimentation qui les soutient et des routines adaptées à leur quotidien 💪
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