Personne ne peut te dire si tu digères le fromage

Le comté n'a plus de lactose depuis longtemps, et la farine d'amande n'est plus une amande. Deux débats mal posés, et la seule façon de trancher pour toi.
Personne ne peut te dire si tu digères le fromage

Les produits laitiers, d'abord. Bannis chez les uns, piliers de l'alimentation chez les autres, avec le même aplomb des deux côtés.

Le débat est mal posé dès son intitulé. « Les produits laitiers » n'est pas une catégorie qui veut dire quelque chose. Entre un verre de lait, un yaourt à zéro pour cent, une crème entière et un comté de vingt-quatre mois, le sucre, les protéines, le gras et la façon dont tout ça est assemblé n'ont rien de commun.

Un exemple qui règle une bonne partie du malentendu : un fromage affiné ne contient pratiquement plus de lactose. La fermentation l'a consommé pendant l'affinage. Quand quelqu'un digère mal un comté, le lactose n'est pas le sujet. On lui a pourtant sûrement conseillé des comprimés de lactase.

Ce que je constate, moi, sur les femmes que j'accompagne : elles tolèrent souvent bien mieux le fromage après quelques semaines sans produits transformés, sans farines et sans sucres.

Les édulcorants, ensuite. Là, le débat porte sur la réponse insulinique de chaque molécule. On compare, on classe, on se dispute sur l'érythritol, on cite des études sur le sucralose. C'est une question de spécialiste posée à quelqu'un qui voulait juste savoir quoi mettre dans son café.

Et pendant qu'on regarde la molécule, on ne regarde pas le produit entier.

Une farine d'amande n'est plus une amande. En la broyant, on détruit les parois des cellules et on rend ses oméga-6 beaucoup plus disponibles qu'ils ne le sont dans l'amande entière. Un pain keto industriel reste un produit ultra-transformé avec une étiquette différente. La molécule sucrante est le dernier de tes soucis dans cette liste d'ingrédients.

Mais le vrai partage n'est pas entre bon et mauvais produit. Il est entre l'occasionnel et le quotidien.

Un gâteau à la farine d'amande un dimanche, quand on sort tout juste du gâteau industriel, c'est un pont. Ça rend le changement praticable, ça permet de recevoir sans se mettre à l'écart, et je n'ai rien contre. Pancakes keto le matin, barre keto à seize heures, pain keto à chaque repas, ce n'est plus un pont : c'est la même alimentation qu'avant avec un autre logo sur le paquet.

On t'a vendu comme destination ce qui n'était qu'un passage. C'est de très loin ce qui rapporte le plus dans ce marché.

Maintenant, ce que tu peux faire de tout ça.

Je ne vais pas te donner une liste d'aliments autorisés, parce que je ne sais pas comment tu réagis à un yaourt, ni à un comté, et que ce ne sont pas les mêmes questions. Personne ne le sait à distance. Ce que je peux te donner, c'est la façon de le savoir.

Tu retires, complètement, pendant deux à trois semaines. Puis tu remets un seul produit à la fois, en laissant quelques jours entre chaque. Un yaourt cette semaine, du fromage affiné la suivante. Jamais les deux ensemble, sinon tu ne sauras rien.

Et ce que tu observes n'est pas la balance. La balance ne te dira rien d'utile là-dessus. Tu observes ta digestion dans les heures qui suivent, ta faim deux heures après le repas, ton énergie en milieu d'après-midi, ton sommeil, ta peau. Ce sont ces signaux-là qui répondent, et ils répondent assez vite.

Un mot avant de te lancer, et je le pense vraiment : si retirer un aliment déclenche de l'angoisse chez toi, si manger est devenu un terrain de bataille quotidien, ce test n'est pas pour toi en ce moment. Un accompagnement spécialisé vaudra mieux que n'importe quelle méthode, y compris la mienne.

Personne ne peut te dire si tu digères le fromage, tu es la seule à pouvoir le constater.

Abonne-toi à ma newsletter quotidienne

Pas de spam, pas de partage avec des tiers. Seulement vous et moi.

Discussion des membres