Pourquoi tu as envie de sucre, et jamais de poulet

Le stress, une nuit trop courte et un déjeuner trop léger ne donnent pas faim au hasard. Ils poussent tous dans la même direction, et au même moment.

Quand l'envie monte en fin de journée, elle vise rarement une tranche de jambon. Elle vise le sucré. Le gâteau, les biscuits, le pain avec du chocolat dessus.

On en a fait une affaire de gourmandise, voire de caractère. Ton corps, lui, a trois très bonnes raisons d'aller dans cette direction.

Pourquoi le stress donne envie de sucré ?

Face à une tension, ton corps sécrète du cortisol. Son travail : mobiliser de l'énergie, vite, pour faire face. Il fait monter le sucre dans ton sang, prépare tes muscles, met ton cerveau en alerte.

Quand la tension retombe, il faut recharger. Et ton cerveau va droit à ce qui recharge le plus vite.

Des chercheurs l'ont observé chez des femmes soumises à un stress en laboratoire : celles qui sécrètent le plus de cortisol mangent davantage ensuite, et surtout du sucré. Le stress oriente la faim.

Pourquoi c'est pire après une mauvaise nuit ?

Parce que le sommeil règle tes hormones de l'appétit. Quand il manque, celle qui dit « assez » baisse, et celle qui dit « encore » monte. Résultat, tu as plus faim, toute la journée.

Et pas faim de n'importe quoi. Après deux nuits trop courtes, l'envie qui augmente le plus, c'est celle d'aliments sucrés et farineux. La nuit de cinq heures, elle se paie à 17h.

Pourquoi 17h, précisément ?

Après un repas riche en sucres ou en farines, ta glycémie monte, puis redescend. Et chez beaucoup de gens, elle ne se contente pas de redescendre : elle plonge sous son niveau de départ, deux à quatre heures plus tard.

Ceux qui font ce creux ont faim plus tôt et mangent davantage à la suite. Un déjeuner à 12h30, un creux vers 16h, et à 17h, la cuisine.

Ce creux, ce sont les sucres et les farines qui le creusent. Un repas construit sur des protéines et du bon gras ne fait pas ces montagnes russes.

Ce qui se passe quand les trois se rencontrent

Pris un par un, chacun de ces mécanismes est gérable. Le problème, c'est qu'ils s'additionnent, et qu'ils tombent tous au même endroit de la journée : le stress accumulé, la fatigue de la nuit, le creux du déjeuner.

À 17h, ton corps te réclame du sucre pour trois raisons à la fois. Et on te répond de lui filer un verre d'eau. 🤡

C'est pour ça que le stress et le sommeil se traitent avec la même importance que l'assiette. Ils jouent le même rôle dans ta fringale, simplement plus tôt dans la journée, et plus discrètement.

À 17h, ton corps fait ce qu'il sait faire, avec ce que ta journée lui a laissé.

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